Construction amateur d'un Stir Ven 19 ouvert

Les secrets de la Licorne

La tête dans le puits

Depuis le retournement du bateau, la sensation de progression n'est pas du tout la même : d'un côté il y a un basculement clair dans des tâches de finition qui amènent vers la fin du chantier, mais d'un autre côté, il n'y a plus vraiment, comme avant, des tâches qui s'enchainent séquentiellement, l'une entrainant l'autre. Il y a maintenant une infinité de choses à faire, et toutes ou presque sont accessibles tout de suite. J'ai envie de tout faire ! Mais il faut bien choisir par quoi commencer. Bon, j'avoue avoir parfois cédé à la tentation de démarrer plusieurs choses en même temps, parce que j'attendais ces étapes depuis longtemps.

Il y a par exemple l'habillage du puits de dérive, un étape qui touche déjà la finition, car certaines planches qu'il faut mettre en place seront simplement vernies, et resteront donc visibles en bois massif. C'est une des premières fois que j'assemble du bois qui ne sera pas recouvert de peinture : il va falloir s'appliquer, car plus de possibilité de rattraper une bavure !

J'ai à nouveau une pensée pour Graham, en Irlande, qui a magnifiquement construit son Stir Ven 19 en faisant le choix de laisser une grande partie de la coque simplement vernie, non peinte. Je réalise le nombre de fois que j'ai réparé ou repris certains endroits à l'époxy, ce qui n'aurait pas été possible sans le masquage ultérieur de la peinture. Encore bravo Graham, dont les photos du chantier m'ont souvent inspiré.

 

En l'occurrence, pour l'habillage du puits de dérive, on peut choisir de laisser certaines parties en finition bois massif, ou de les peindre. Graham a tout laissé en bois, le chantier Grand Largue a plutôt peint certains tasseaux. Je m'inspire finalement de grand Largue : je choisis de ne laisser en bois massif que les éléments qui recouvrent horizontalement le puits de dérive (la couverture de la partie arrière, et le chapeau amovible pour mise en place de la dérive). et je peindrai les autres.

 

On commence par les couvre-joints verticaux. Ils sont en bois massif, ce qui permet donc de les laisser apparents et vernis, pour rendre visible l'habillage complet du puits de dérive. Dans mon cas j'ai décidé de les peindre, de sorte que l'ensemble avec la partie en contreplaqué paraitra monobloc. 

Avant de les coller à l'époxy, je préfère m'assurer de leur centrage pendant le collage. Pour cela, je positionne quelques chevilles, qui n'auront d'autre fonction que de garantir le positionnement.

La tête dans le puits
La tête dans le puits

 

Je fais pareil pour le chapeau arrière : mise en place de chevilles de centrage. Mais je ne le colle pas : je ne sais pas encore si il faut le vernir avant collage ou après. Dans le doute, je le laisse en l'état, on verra quand j'en serai aux étapes de finition et vernissage.

Mais déjà, ça donne une impression de "fini" qui est assez jouissive !

La tête dans le puits

 

Pour coller les couvre-joints verticaux, la seule difficulté réside dans le fait de maintenir les morceaux de bois bien serré le temps de la polymérisation, compte tenu du manque de prise pour un serre-joint. J'ai opté pour la solution "sangles à cliquet", en les protégeant des bavures de colle par des morceaux de carton.

La tête dans le puits
La tête dans le puits

Ensuite, il y a un peu de ponçage pour parvenir à un ajustement parfait avec la structure en contreplaqué. J'ai préféré ça plutôt que de viser d'emblée une découpe à la dimension, avec le risque que ça bouge un peu avec le collage, et que ce ne soit plus parfaitement ajusté.

 

Pour les élongis c'est plus facile : on peut caler des serre-joints sur l'intérieur du puits de dérive. Mais les tasseaux ont joué avec le temps : ils ne sont plus droits, et même un peu vrillés. J'ai donc utilisé un vissage aux deux extrémités et au milieu, pour les contraindre à une forme bien droite, en plus du serrage pendant le collage :

La tête dans le puits

 

C'est le chapeau de puits de dérive qui demande le plus de travail, et qui est donc le plus intéressant : d'abord il faut découper l'ouverture qui laissera l'accès à la dérive pour la faire pivoter, et puisque le chapeau doit être amovible (pour mettre et retirer la dérive), il faut aussi usiner proprement les trous de vis qui resteront apparentes.

D'abord les vis : perçage, puis usinage avec une fraise conique pour que les têtes de vis soient légèrement sous le niveau du bois. L'enjeu est d'essayer d'obtenir un enfoncement uniforme de toutes les vis, pour que ça fasse bien fini.

vérification "à blanc" que les têtes de vis sont bien légèrement enfoncées de la même façon
vérification "à blanc" que les têtes de vis sont bien légèrement enfoncées de la même façon

vérification "à blanc" que les têtes de vis sont bien légèrement enfoncées de la même façon

 

Ensuite il faut découper proprement un rectangle à l'intérieur du chapeau. C'est une opération assez banale, mais je n'ai jamais eu l'occasion de réaliser ce genre d'ouverture, donc j'essaie de ne pas faire de bêtise : dans le "kit bois massif", il n'y a pas de quoi faire un deuxième chapeau de puits de dérive !

Je commence par percer les quatre coins de la future ouverture, puis je découpe grossièrement à la scie sauteuse, en restant à l'intérieur de la forme tracée.

La tête dans le puits
La tête dans le puits

 

Ensuite, à l'aide d'un gabarit sommaire, que je repositionne au fil de l'avancement, je finis à la défonceuse pour obtenir une découpe parfaitement propre et droite :

La tête dans le puits
La tête dans le puits
La tête dans le puits
La tête dans le puits
La tête dans le puits
La tête dans le puits

 

Un dernier passage avec une fraise en 1/4 de rond, un peu de ponçage au 120, et la finition est propre !

La tête dans le puits

 

Une fois en place, je ne suis pas mécontent :

La tête dans le puits
La tête dans le puits

 

Et voilà, une petite étape réalisée. Une des nombreuses tâches nécessaires dans ce cockpit, avant de pouvoir passer à la finition globale.

On continue !

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article