9 Mai 2024
Certaines étapes de la construction sont plus rapides que d'autres, et plus satisfaisantes aussi, car elles permettent d'entrevoir le résultat final ! C'est le cas de la confection et du positionnement des cadènes d'étai et de haubans.
Il est prévu d'appliquer des "doublantes", des planches de renfort collées à l'intérieur du bordé, à l'endroit où seront fixés les cadènes de haubans. Il faut les mettre à ce moment du chantier, avant d'envisager la peinture du cockpit. J'en profite pour faire le traçage des trous de fixation des cadènes, et aussi pour faire une mise en place "à blanc" du mât et du "gréement dormant" (la partie des cordages qui ne bougent pas une fois en navigation, mais pas si dormant que ça pour le Stir Ven, puisque le mât sera démonté à chaque sortie de l'eau).
Après des mois de travail sur des pièces de bois, dans mon garage, j'ai envie de voir une première approche du bateau en situation de navigation, avec le mât et une partie du gréement.
Je commence par la cadène d'étai, qui ne laisse pas d'ambiguïté pour sa fixation : en haut de l'étrave, dans le prolongement de la bande molle.
Avant de la poser, il a fallu quand même la mettre en forme : arrondi des angles, perçage pour les fixations, polissage final, et aussi légère courbure pour suivre l'angle que fait l'étai par rapport à l'étrave.
C'est cette dernière opération qui est la plus délicate, car le laiton ne se plie pas si facilement. J'ai eu recours à la même méthode que pour les bandes molles : serrage dans l'étau et utilisation d'un grand serre-joint pour faire levier, et ainsi doser la pliure plus précisément.
Ensuite, les cadènes de haubans.
Leur emplacement est indiqué sur le plan, en arrière du mât, juste avant une des cloison. C'est pour positionner précisément les trous de fixation que je fais cet essai de mise en place du mât et des haubans. La fixation doit logiquement présenter un angle d'inclinaison vers l'avant, puisque les haubans sont fixés en arrière du mât. Et cet angle est difficile à estimer autrement qu'in situ.
Mais il faut commencer par faire les cadènes elles-mêmes.
Dans le lot "accastillage", sont fournies deux cadènes de hauban, mais sans les perçages de fixation. Il n'est pas précisé quelles vis utiliser, et dans une idée de solidité pour la fixation des haubans qui maintiennent le mât, j'ai opté pour du M8. J'ai compris après coup que c'était peut-être surdimensionné, car le trou fraisé pour intégrer la tête de vis est presque aussi large que la pièce de laiton ! Mais c'est trop tard pour modifier maintenant que c'est percé, et je continue comme ça.
Le laiton n'est pas si facile que ça à travailler, même si c'est moins dur que l'acier. Il faut le bon outillage, en particulier une perceuse colonne efficace et des fraises adaptées, pour usiner des trous bien ronds, et reprendre les petits bourrelets qui se forment au perçage. Sans compter l'étape de polissage final. Dans mon cas, il reste quelques marques visibles, mais je m'en contenterai. De toutes façon, après quelques temps aux intempéries, l'oxydation naturelle rendre la tout bien plus terne, patiné.
Vient ensuite la confection de la "doublante", la planche de renfort qui va reprendre les efforts de traction des haubans et les répartir sur une surface plus large du bordé.
Je prévois une dimension qui empiète sur le bordé suivant, et je mettrai aussi une couche de stratification qui débordera sur la cloison. Je ne suis pas sûr que les forces en jeu sur le mât de ce bateau justifient tout ça, mais dans le doute, au moins ça devrait tenir.
La planche de renfort est usinée en partie basse pour s'ajuster sur le clin suivant et répartir au mieux les efforts de traction
Dans la même idée, une couche de stratification étend encore les efforts de traction sur le bordé, et se reprend en partie sur la cloison
Une fois tout ça fini, je perce un premier trou, pour fixer la cadène en lui permettant de pivoter. Les autres trous de fixation seront marqués après mise en place des haubans, pour que la cadène suive leur alignement vers la tête de mât, pour noter l'emplacement des autres trous de fixation.
Une fois le mât érigé, je peux fixer les haubans, et orienter les cadènes dans la bonne direction.
L'angle de prise de vue n'en donne pas l'impression, mais la cadène est bien orientée dans le prolongement des haubans. A droite, le transfilage en Dyneema qui permet de tendre et fixer les haubans sur la cadène
Nous avons pu ainsi tester la manipulation du mât pour le mettre en place, et les attaches des étais et haubans en tête de mât. Des opérations qu'il faudra refaire à chaque mise à l'eau.
Grande satisfaction de voir le bateau comme ça !
Même si il reste encore beaucoup de travail avant d'arriver au bout...
On continue !