8 Mai 2024
Le Stir Ven 19 est un voilier, et il peut très bien se passer de moteur : taille et poids contenus, avirons disponibles, il y a moyen de pallier ponctuellement le manque de vent. Pourtant, le plan de l'architecte prévoit une auge moteur, et des coffres de taille suffisante pour y stocker un petit hors-bord. Et il est vrai que pour des manœuvres de port, il faut avoir une certaine expertise de la godille pour réussir un appontage entre deux bateaux.
Je prévois donc de profiter de cette option, et dès lors la question se pose : quel moteur utiliser ?
Francois Vivier, l'architecte, conseille un hors-bord de 6 CV, ce qui donne une référence.
la question suivante est : thermique ou électrique ?
Il a lui-même répondu à la question pour son cas personnel, dans un article instructif :
Lien : François Vivier - Retour d'expérience moteur électrique
Sur la base de cet exemple, et aussi après avoir pu tester moi-même un petit hors-bord électrique sur une annexe lors d'une croisière, j'ai décide de retenir cette orientation. Restait à choisir la marque et le modèle.
En gros, au moment de mon choix, il y avait deux gros acteurs sur le marché :
- Torqeedo, le leader
- Epropulsion, le challenger
La différence entre les deux ? D'abord le prix ! Et pas seulement un peu.
Est-ce que cette différence de tarif se justifie ?
Techniquement, difficile de se faire une idée avant d'avoir eu les deux en main, mais sur le papier, non, c'est même le contraire : en bon challenger, Epropulsion propose des idées et accessoires intéressants.
On attend plutôt le leader sur le terrain de la qualité et de l'après-vente. Et là, il suffit de parcourir quelques blogs pour comprendre que les tarifs Torqeedo ne sous-entendent visiblement pas une réelle garantie de service.
Pour toutes ces raisons, je me suis décidé pour Epropulsion :
Spirit 1.0 Evo arbre long
Lien : Moteur ePropulsion Spirit 1.0 Evo
Le modèle de base comprend la batterie directement sur le moteur, et une barre franche qui inclut le monitoring sur un écran LCD (puissance, charge restante, autonomie en temps et distance, etc...) :
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Mais on peut aussi l'acheter en version "batterie et commande déportées" :
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Il existe alors un petit capot pour fermer la tête de moteur, lequel devient ainsi plus discrèt, et on peut stocker la batterie dans un coffre, reliée au moteur par un câble de puissance.
C'est l'option que j'ai retenue, pour des raisons de discrétion quand le moteur est sorti, et aussi pour ne pas avoir à manipuler la batterie à chaque mise en place du moteur.
Une fois la commande passée, c'est forcément une certaine excitation à l'ouverture des cartons : jusqu'à présent le chantier de construction assemble des bouts de bois, là s'ajoute un produit qui caractérise clairement un bateau !
Les colis, avec : le moteur (en bas), la batterie (en haut), et un carton d'accessoires : câble de liaison pour batterie déportée, commande à distance, le kit de recharge solaire...
Le corps du moteur. Il n'y a aucune transmission mécanique dans l'arbre : le moteur électrique est immergé et entraine directement l'hélice
Le bloc batterie, qui peut se monter directement sur la tête du moteur, ou être utilisé en déporté, solution que j'ai retenue. Un défaut : pas d'indicateur de charge directement sur le bloc batterie, il faut connecter la commande déportée pour avoir des indications
Le bloc déporté qui permet la commande du moteur et aussi les indications de charge, autonomie, etc...
Première mise en place :
Vérification que l'auge moteur prévue est aux bonnes dimensions pour le système d'accroche, que l'arbre est assez long... Tout va bien !
Du point de vue timing, j'aurais pu attendre la fin du chantier pour commander le moteur, car il ne servira pas avant la mise à l'eau. Mais j'avais besoin de l'avoir à ce stade pour construire sur mesure l'emplacement de rangement dans le coffre latéral.
L'objectif est que le moteur soit maintenu pour qu'il ne bouge pas avec les mouvements du bateau, et aussi qu'il laisse un peu de place dans le coffre pour y ranger d'autres accessoires (pare-battages,...)
Première approche, l'encombrement global :
Ca tient, mais il ne faudrait pas plus grand ! Le point fragile c'est l'hélice : attention à anticiper le jeu sur les supports, il ne faut pas que l'hélice tape sur les parois. Attention aussi à ce qu'on mettra dans le coffre en plus du moteur, ça ne doit pas agresser l'hélice
Avant de construire les supports définitifs, je fais des maquettes en simple Medium 10mm :
Cette partie concernant le support du moteur n'est pas prévu dans les plans, puisque chacun peut décider de mettre un moteur ou pas, et choisir le modèle qu'il veut. C'est donc une part de conception libre qui est bien plaisante.
Après avoir exploré quelques idées dans ma tête, je décide de rendre les supports moteur amovibles, pour préserver la modularité en cas d'utilisation d'un autre moteur par exemple.
Donc un support de fixation fixe, solidaire de la paroi du coffre, et le support moteur lui-même, vissé sur ce support fixe, pour qu'on puisse le démonter et le modifier si besoin.
J'ai l'empreinte des deux supports moteur et leur bon positionnement, c'est parti !
Duplication de la forme sur 3 épaisseurs : je préfère les supports trop solides que pas assez. Et ça permet aussi d'arrondir largement les bords, pour faciliter la mise en place d'une protection en cuir que je mettrai à la fin
Système D pour faire une mini-toupie à partir d'une affleureuse... C'est rudimentaire, mais ça m'a servi pendant toute la suite du chantier ! Ici, pour arrondir les bords des deux supports moteur
Perçage des trous de fixation du support moteur sur l'embase fixe qui sera collée à la paroi. Les deux pièces bien alignées, avec juste un petit décalage pour prévoir l'épaisseur de peinture à venir sur le support amovible (alors que le support fixe sera collé avant peinture)
Vérification que ça fonctionne bien. Le support moteur est fixé à son socle par 2 ou 3 vis-écrou, de sorte que l'on puisse démonter et remonter à volonté sans perdre en qualité d'assemblage
Dernière opération : j'évide au maximum les deux supports pour éviter du poids inutile. C'est plus de travail, en particulier pour la peinture de finition, et c'est un peu vain, compte tenu du gain de poids obtenu et du programme de navigation envisagé. Mais esthétiquement c'est plus fin, et puis il y a le plaisir de le faire !
Et voilà, il ne reste plus qu'à peindre :
Ca prend forme pour le moteur, mais il reste la batterie.
Là encore, pas mal d'hésitations sur l'emplacement, le passage des câbles jusqu'à l'auge moteur, etc... Finalement j'ai choisi de mettre la batterie dans le coffre opposé, et de prévoir la place pour en mettre deux, même si pour l'instant je n'en ai acheté qu'une. Je verrai lors des premiers essais si une deuxième s'impose, histoire de ne pas rester bloqué avec des circonstances difficiles.
Le fond des coffres suit la forme de la coque, il faut donc prévoir un support horizontal. Et même si ce n'est pas formellement indiqué sur le manuel utilisateur, je suppose que c'est mieux de prévoir des trous d'aération qui favorisent le flux d'air autour de la batterie.
Les cales une fois finies : positionnement ajusté avec fixation vissée légère sur la paroi, juste pour retrouver le bon positionnement au moment du collage, et trous de fixation de la planche support batterie (je veux que tout reste en place si le bateau venait à chavirer, donc moteur et batterie doivent être bien fixés)
Pour la fixation de la batterie, je voulais un système de maintien solide, mais aussi pratique et rapide à défaire. J'ai finalement retenu des sangles velcro :
Objectif : assurer le maintient de la batterie dans toutes les directions, et laisser accessibles les différents connecteurs. La forme arrondie de la batterie ne facilite pas la fixation, mais avec la poignée de transport, ça fonctionne bien.
J'ai trouvé ce système velcro qui peut se replier sur lui-même, avec un anneau qui permet de faire une boucle de serrage avec une seule sangle. Ca répond parfaitement au besoin, solide et très pratique à l'usage
Une fois le maquettage validé, on passe à la réalisation :
Découpe des trous pour les sangles, avec le bon angle pour que le renvoi d'effort soit bien orienté. Pas très content de mon travail sur ce coup : les découpes ne sont pas aussi belles que j'aurais voulu
Pour le plaisir, j'ai dessiné une grille d'aération en damier. Perçage arrondi, puis mise en forme avec la défonceuse, en utilisant un petit gabarit
Ce n'est pas parfait, mais c'est quand même satisfaisant ! (Comme tout le reste, le résultat serait bien meilleur si je devais le refaire maintenant : j'ai en tête toutes les erreurs, toutes les choses à ne pas faire ou faire mieux... Ca donne presque envie de faire rapidement un deuxième bateau, avec l'acquis de l'expérience cette fois !)
Et voilà le support batterie mis en place ! Je suis tout content, il ne reste plus qu'à peindre tout ça. "Plus qu'à"...
A ce stade, je ne peux pas encore parler de la partie la plus intéressante concernant le moteur : son efficacité pour propulser le bateau, son autonomie; etc... Pour ça, je devrai attendre la mise à l'eau et le premiers essais.
J'espère ne pas m'être trompé dans le choix. J'ai vu passer pas mal de problèmes avec ces moteurs Epropulsion, ou plutôt avec les batteries et leur module de gestion électronique. Rendez vous dans quelques mois pour le verdict à l'usage !