16 Août 2021
L'assemblage des clins une fois fini, il faut se rendre à l'évidence : les ajustements ne sont pas parfaits. Sans compter les trous des vis de fixation, et quelques autres accrocs sur la surface de contreplaqué.
L'étape mastic s'avère donc nécessaire. Je réalise tout ce qui me sépare d'une réalisation permettant de laisser le bois apparent : juste du vernis transparent, sans peinture, tel que l'a fait Graham en Irlande sur le Stir Ven 19 n°4. Pour cela, il ne doit y avoir aucune retouche de mastic sur le bois, dont les veines resteront visibles.
Clairement, à ce stade, ça ne serait pas possible dans mon cas. Mais allez, c'est ma première construction, et avec l'expérience acquise, je sais déjà comment refaire la même chose en beaucoup mieux !
Et cette étape de mastiquage fin fera aussi partie de l'expérience : c'est une première, une de plus depuis le début de ce chantier.
Je n'ai pas acheté de mastic tout fait : il est assez facile de le réaliser avec la résine epoxy et une poudre prévue pour cela. J'ai choisi le MixFill 10 fourni par Sicomin, et j'en ai été plutôt content.
Il s'agit d'une poudre très fine, encore plus légère que de la farine. C'est assez étonnant, c'est presque liquide au toucher et à l'écoulement, tellement c'est fin. C'est hyper fin, et pourtant, c'est constitué de micro-sphères creuses ! Cela contribue à alléger l'enduit, et à faciliter le ponçage par la suite, sans encrasser l'abrasif. C'et ce qui est vanté sur le site, mais je confirme que ça marche.
Le rapport de mélange indiqué entre epoxy et MixFill fait que la quantité de poudre semble énorme par rapport à la quantité de résine. Mais après un mélange assez long, tout en douceur car la poudre s'envole facilement, on finit par obtenir une texture pâteuse, mais fine et souple.
En réalité, le mastic n'et pas du tout granuleux comme la photo peut le laisser croire. Après lissage, la texture est très fine, et plus encore après ponçage.
J'applique l'enduite à la petite spatule, c'est ce que j'ai trouvé de plus efficace et pratique.
Pour les trous des vis de fixation, j'applique du mastic en excès, car il est facile par la suite de poncer la surface plane (plutôt à la cale à poncer, contrairement à la photo !)
Alors que dans les angles, en creux, j'essaie de faire une finition soignée : il sera plus facile d'en ajouter une deuxième couche si besoin, que de poncer un excédent
Il arrive que les vis de fixation ne soient pas assez enfoncées, rendant impossible une surface lisse. J'ai alors utilisé une solution un peu brutale : j'ai attaqué la tête de vis (inox) avec un forêt de dimension adaptée, avant de remettre du mastic dans la cavité ainsi créée et de poncer. Bourrin, mais ça marche...
Pour assurer une bonne finition au niveau de chaque clin sur toute la longueur de la coque, j'ai fini par adopter un processus répétitif :
Appui systématique avec la spatule perpendiculaire au bois, sur toute la longueur, pour bien faire pénétrer le mastic dans les interstices
nouveau coup de spatule pour lisser, avec la spatule bien dans l'alignement de la planche au dessus du mastic, pour obtenir une surface plane au final
Et enfin quelques coups de spatule pour retirer les excédents de mastic, en particulier au niveau de l'arête
Le mastic me permet aussi d'assurer la finition de la jointure entre la fausse étrave et la sole. Les petits défauts d'ajustement sont rectifiés...
Avec l'opération de mastiquage, la "forme" de la coque est prête : on peut passer à la partie revêtement !
Ce sera d'abord la sous-couche, au moyen d'une peinture epoxy qui va faire à la fois à la fois lissage fin, étanchéité, et aussi une certaine résistance de surface sous la peinture.