19 Septembre 2020
Le gabarit d'assemblage permet de supporter et positionner correctement les cloisons transversales, afin d'assembler toute la structure puis les bordés de coque.
Le kit de contreplaqué simplifie beaucoup l'opération : il fournit deux longerons (en trois pièces, qu'il faut assembler : voir cet épisode), avec des encoches pour positionner chaque support de cloison transversale.
Sur un chantier normal, l'idée serait de positionner ces deux longerons de façon bien stable et fixe, pour assurer la parfaite géométrie de l'assemblage (horizontalité, etc). C'est là que dans mon cas les choses se compliquent.
j'ai lancé cette construction dans mon garage.
Le garage mesure 6,50 x 3,50 m.
Le bateau fini fera 5,70 x 2,10 m.
Le constat est rapide : il me reste 1m en longueur et 1,40m en largeur (sans compter les étagères de chaque côté). Donc si je veux avoir de la place pour travailler, pas le choix, il faut que le chantier soit mobile. Je dois pouvoir le déplacer vers la droite pour travailler sur le côté gauche, et inversement.
L'ensemble sera donc sur roulettes.
Mais les contraintes ne s'arrêtent pas là :
Compte tenu de la structure de la porte sectionnelle du garage, la hauteur nette est de 1,90 m.
Le bateau faisant 2,10 m de large, il ne sera pas possible de réaliser son retournement à l'intérieur : il faudra le sortir dans la cour. Il doit donc pouvoir rouler librement et absorber la petite marche à la sortie du garage.
Enfin, j'ai pu constater, en faisant l'assemblage des pièces longues, que le sol n'était pas vraiment régulier dans son horizontalité. La conséquence est que si on pose dessus un chantier sur 4 roues, ce sera toujours bancale, et jamais de la même façon en fonction de la position.
La solution s'impose : trois points de contact seulement avec le sol, pour avoir toujours un support stable géométriquement.
Le principe théorique est bien clair, mais c'est dans la réalisation que j'ai commis une grosse erreur de débutant, et même de bon sens.
Le dessin du chantier, sur le plan, reste théorique, et ne donne évidemment pas une idée de la rigidité de l'ensemble. J'ai pris bêtement pour acquis que l'ensemble serait assez rigide avec juste quelques renforts. C'est complètement idiot avec le recul, car il est bien évident qu'un assemblage de 5m de long ne peut être rigide à moins de le renforcer très sérieusement. Mais... voilà. J'ai "juste" fixé deux grandes planches sous les longerons, afin de mettre les roues en dessous : deux au milieu de la planche arrière, une au milieu de la planche avant, avec les deux grands longerons fixés par des équerres.
Posé au sol, cela paraissait bien solide et rigide.
Une fois les roues fixées en dessous, c'était beaucoup moins évident.
J'ai donc ajouté deux rails de cornière qui relient les deux planches support, pour solidifier l'ensemble, ou au moins le solidariser.
Encore influencé par l'idée "a priori" que ça suffira, et surtout trop content de pouvoir enfin démarrer cet assemblage que j'attends depuis longtemps, je valide le principe, et je passe à l'étape suivante.
C'est par la suite que j'ai compris la légèreté de l'ensemble : en travaillant sur ce support, en fixant les cloisons transversales, puis en assemblant les cloisons longitudinales, donc en exerçant des efforts sur la structure, la souplesse de la structure devenait évidente.
Ce défaut ne s'est pas avéré catastrophique : cela a même simplifié certains ajustements lorsqu'il a fallu régler l'alignement des cloisons. Mais ce n'est quand même pas satisfaisant, ni rassurant de sentir que les supports n'offrent pas une solidité suffisante pour, par exemple, prendre appui dessus en cas de besoin.
J'ai d'autant mieux compris mon erreur quand j'ai découvert le travail de Lucas, qui construit lui aussi un plan François Vivier.
D'une manière générale, je recommande absolument son blog, qui permet de voir une forme de perfection dans l'approche du travail du bois !
En l'occurrence; c'est l'épisode de la construction de son chantier qui m'est apparue comme une leçon, et une démonstration rétrospective de ce tout que j'ai mal fait. Si je dois refaire un bateau un jour, mon support de chantier ressemblera au sien !
https://www.youtube.com/watch?v=ktcroZiYoHU