17 Septembre 2020
L'encornat c'est l'espèce de fourche au bout de la corne, qui lui permet de rester fixée sur le mât, tout en pouvant coulisser et pivoter. On parle d'un encornat, mais ce sont en fait deux pièces qui viennent se fixer de chaque côté de la corne, et font la fourche en question.
Pour réaliser la forme arrondie, on commence par un assemblage en lamellé-collé de plusieurs plis en bois fins, comme pour la fausse étrave.
Pour la fausse étrave, il était possible de prendre appui sur l'étrave pour mettre en forme les planches collées. Ici il faut réaliser un gabarit pour arriver à la forme souhaitée. Pas de pièce pré-découpée, et même pas vraiment de plan coté.
Alors j'ai essayé de faire des relevés sur le plan non coté, et des mises en place sur le mât, pour voir si la dimension convenait... Finalement j'arrive à une forme qui me semble correcte.
Quelques planches d'aggloméré découpées, assemblées, et c'est parti !
Contrairement à l'assemblage de la fausse étrave, qu'il fallait ensuite simplement équerrer sur toute la longueur, il va falloir ici donner à la pièce une forme bien particulière, en double arrondi. Pour cela je préfère dessiner cette forme sur le premier pli avant collage, pendant que c'est à plat.
Pour cela, je la reproduis sur ordinateur aux bonnes dimensions, et je l'imprime sur papier à l'échelle 1
Je n'ai pas pensé à photographier l'encollage, un peu fastidieux : chaque plis est encollé sur les deux faces, et assemblé sur le précédent. C'est simple à faire, mais... il y en a 2 x 10 !
Ensuite, le processus commence à être rodé : les 10 plis encollés sont emballés pour éviter les coulures de colle epoxy (les bâches de protection en polyéthylène vendues au rayon peinture sont parfaites pour cela, l'epoxy n'adhère pas du tout dessus), puis le tout est mis sous presse sur le gabarit :
Après démoulage. L'excédent de colle a pris la forme exacte du film plastique froissé, mais c'est parfaitement dur au toucher !
Une fois l'assemblage bien solide, il faut donner la forme voulue : découpage à la scie, puis ponçage complet pour arriver à une finition arrondie.
Une fois les deux pièces bien mises en forme, il faut assurer leur fixation sur la corne, de façon à ce que cela fasse une forme globale qui permette l'usage prévu.
Perçage des pièces d'encornat, ponçage de l'extrémité de la corne, et fixation finale.
Pour la finition, je suis resté dans la logique des autres pièces : huile D1 + vernis D2.
Le résultat est vraiment joli. Presque trop beau, on a envie de le mettre en exposition, et pas de s'en servir !
A l'arrivée, je suis bien content d'avoir fini ces pièces. Je ne sais pas pourquoi, je les redoutais un peu. Et puis maintenant, c'est une pièce complète et très symbolique qui est terminée : la corne. Je la trouve bien emblématique de ce bateau et du gréement houari.
Et c'est aussi progressivement la fin de tous les travaux préalables, et un tournant qui se rapproche, que j'attendais depuis longtemps : le début de l'assemblage du bateau lui-même !