Construction amateur d'un Stir Ven 19 ouvert

Les secrets de la Licorne

Retournement !

Après toutes les étapes précédentes, le bateau est donc fin prêt pour le grand retournement. C'est plus que symbolique : une fois à l'endroit, ça devient un vrai bateau, et en plus l'aspect visuel change complètement ! 

Pour l'instant, il est encore sagement dans le garage, sur son support de construction.

Retournement !

Il est impossible d'opérer le retournement dans le garage : au delà de toute autre considération, la pièce n'est simplement pas assez haute pour cela. La coque fait 2,10m de large, soit plus que la hauteur du garage.

C'est donc à l'extérieur, dans la cour, que l'opération va se faire. Et je dois donc commencer par la construction de deux portiques de levage. Sur ce point, pas de plan fourni, donc un peu d'improvisation, la difficulté étant de trouver l'équilibre entre une construction relativement légère quand même (donc pas trop couteuse) et une solidité suffisante pour ne pas voir l'ensemble s'écrouler une fois le bateau suspendu dessous !!

J'ai finalement retenu un plan assez simple, avec renforts aux endroits de compression, le tout sur la base de tasseaux en pin de 300x75x63 cm. Pas le plus solide, mais le meilleur compromis solidité / coût dans ce que j'avais autour de moi.

Un portique complet avant assemblage (il manque encore quelques tiges filetées de fixation)

Un portique complet avant assemblage (il manque encore quelques tiges filetées de fixation)

 

Pour fixer les tasseaux entre eux, j'ai choisi des tiges filetées de 10mm, avec d'un côté un écrou frein qui restera fixe, et de l'autre un écrou normal pour montage / démontage facile.

Le principe est simple et relativement économique, mais il faut commencer par découper les tiges filetées, puis limer les extrémités, pour que les écrous se mettent en place facilement. Pas difficile, mais rapidement fastidieux !

Retournement !Retournement !
Retournement !

 

Ensuite c'est l'assemblage. Je l'ai fait avant le retournement, pour voir ce que ça donnait, et pour tester la solidité.

Retournement !Retournement !Retournement !
Retournement !Retournement !

Une fois le premier portique en place, je me suis suspendu à une sangle au centre de la barre transversale, et...  ça tient !!

J'ai cependant noté une légère flexion sur les montants verticaux, à l'endroit de la reprise d'effort des barres à 45°. Du coup, dans la version définitive, j'ai ajouté une barre de renfort sur les montants verticaux pour solidifier cet endroit.

 

Ensuite je me suis posé beaucoup de questions sur le matériel à utiliser pour le levage. En première approche, par simple bon sens, je me suis dit que des sangles normales devraient être largement assez solides, ou peut-être aussi voire des cordages en dyneema.

Et puis j'ai regardé de plus près des sangles de différentes résistances, et toutes sont prévues pour de la fixation, en mentionnent clairement "ne pas utiliser pour du levage". Après avoir constaté ça, j'ai beau avoir la conviction qu'en résistance pure, elles seraient largement suffisantes, vu qu'il s'agit de lever et surtout retourner mon bateau, je n'ai pas envie de prendre le moindre risque !

Du coup j'ai fini par passer à la catégorie supérieure : de vraies élingues de levage. C'est sans doute surdimensionné, mais au moins il n'y a plus de doute sur la résistance. Ce qui m'a aussi plu dans ces élingues, c'est leur plus grande largeur, et donc une surface d'appui sur la coque moins ponctuelle, moins susceptible de marquer.

J'ai complété cela avec quelques équipements, sangles et pinces, en essayant de prévoir tout ce qui pourrait être nécessaire, car une fois le bateau suspendu, il ne sera plus temps d'aller faire une course de dernière minute !

Comme souvent depuis le début de ce chantier, et surtout pour les étapes clé comme celle là, j'essaie de compenser mon manque d'expérience par un maximum de prévoyance, quitte à aller un peu trop loin. Et de fait, cette fois, tout ce que j'ai acheté a servi ! Même si je pense qu'une prochaine fois, je pourrais optimiser un peu l'organisation et donc le matériel utilisé.

A gauche en vert, les grosses élingues de levage. Puis les différentes sangles et cordages de fixation, prévus pour les différentes étapes du retournement.A gauche en vert, les grosses élingues de levage. Puis les différentes sangles et cordages de fixation, prévus pour les différentes étapes du retournement.A gauche en vert, les grosses élingues de levage. Puis les différentes sangles et cordages de fixation, prévus pour les différentes étapes du retournement.

A gauche en vert, les grosses élingues de levage. Puis les différentes sangles et cordages de fixation, prévus pour les différentes étapes du retournement.

 

A la fin de cette journée de mise en place, tout est prêt pour le grand jour ! La météo est bonne pour le lendemain, les portiques sont démontés et prêts à être remontés rapidement, le processus a été revu dans ma tête plusieurs fois...  Il n'y a plus qu'à se lancer !

Retournement !

 

Je commence le matin par le ré-assemblage des portiques (que j'ai du démonter pour les rentrer, ne voulant pas que le bois reste à l'humidité de la nuit)

Les cordages de fixation des treuils à chaine sont en place, la fixation pour la sangle de reprise aussi : c'est bientôt prêt à être redressé !

Les cordages de fixation des treuils à chaine sont en place, la fixation pour la sangle de reprise aussi : c'est bientôt prêt à être redressé !

 

Juste avant de relever les portiques, je profite de cette étape d'assemblage pour finir aussi le berceau qui va recevoir le bateau une fois à l'endroit : assemblage des deux bers par deux tasseaux longitudinaux (les mêmes que pour les portiques : 75x63 cm), et fixation des roues dessous. Car faute de place, je devrai pouvoir continuer à déplacer l'ensemble dans le garage, en fonction de la partie sur laquelle je travaille.

Retournement !

 

Puis les deux portiques sont érigés, et les treuils de levage sont fixés, avec le bon écartement à peu près. Ce sera ajusté une fois le bateau juste dessous.

Retournement !
Retournement !Retournement !

 

La coque est enfin sortie du garage, et positionnée sous les portiques. Moment incroyable après toutes ces étapes de préparation ! 

Retournement !Retournement !

 

Nous mettons en place les couvertures de protection pour quand les chaines des treuils vont appuyer sur la coque lors du retournement.

Puis c'est le test...  on fait tourner les chaines des treuils, prudemment...  quelques légers craquements lors de la mise en tension...  et ça se lève, tout seul, en douceur !

La coque est soulevée, et une fois les supports de cloison désolidarisés du socle, celui-ci est retiréLa coque est soulevée, et une fois les supports de cloison désolidarisés du socle, celui-ci est retiré
La coque est soulevée, et une fois les supports de cloison désolidarisés du socle, celui-ci est retiréLa coque est soulevée, et une fois les supports de cloison désolidarisés du socle, celui-ci est retiré

La coque est soulevée, et une fois les supports de cloison désolidarisés du socle, celui-ci est retiré

 

Une fois la coque suspendue et le support retiré, et après avoir vérifié que toutes les attaches des chaines de treuil étaient positionnées comme prévu, le retournement peut commencer : levage d'un côté, descente progressive de l'autre :

Retournement !
Retournement !
Retournement !
Retournement !
Retournement !
Retournement !
Retournement !

Mais comme je m'y attendais (tout en espérant que ça passerait...) on se heurte à un problème, visible sur les deux dernières photos ci-dessus : le treuil qui tient l'élingue fixée à la partie "en bas" (partie tribord du bateau donc) est arrivé en bout de course. On ne peut pas le remonter davantage. Et donc on ne peut pas faire basculer la coque pour amorcer le retournement complet.

Il va falloir faire une reprise de la charge avec une sangle fixe, afin de redescendre le treuil et reprendre la traction avec une prise plus basse.

Il n'y a pas eu de photo de l'opération, toute l'attention étant focalisée sur ce qui était en cours. Mais le résultat est visible sur la photo ci-dessous :

L'élingue verte est libre, la chaine du treuil est à présent fixée à une boucle courte sur la partie tribord de la cloison

L'élingue verte est libre, la chaine du treuil est à présent fixée à une boucle courte sur la partie tribord de la cloison

 

Une fois menée cette opération un peu délicate (est-ce que ça va tenir ? Comment va se passer le décrochage / ré-accrochage du crochet du treuil ? Bref, est-ce que ça va marcher ?? 😀), une grande partie de l'inquiétude est passée, et on peut tranquillement redescendre les treuils babord, pour ramener le bateau à l'horizontale :

Retournement !
Retournement !
Retournement !
Retournement !

 

Et enfin, étape jouissive s'il en est : on peut déposer la coque à l'endroit sur son support, ses bers assemblés !

Il y a eu quelques allers-retours pour positionner le support au bon endroit sur l'axe longitudinal, car les bers tombaient juste à l'endroit des couvertures de protection de la coque...

Il y a eu quelques allers-retours pour positionner le support au bon endroit sur l'axe longitudinal, car les bers tombaient juste à l'endroit des couvertures de protection de la coque...

Et voilà !!!Et voilà !!!

Et voilà !!!

On peut alors tranquillement décrocher les sangles, retirer les couvertures de protection, en savourant la position bien stable de ce bateau qu'on a vu se balancer au bout des chaines !

Retournement !Retournement !Retournement !

 

Il n'y a plus qu'à retirer les supports de cloison, et on voit apparaitre le bateau dans sa forme définitive.

Je ne vais pas cacher que c'est une réelle émotion. D'abord parce que cette étape cruciale a été menée à bien, mais aussi parce que pour la première fois, depuis le temps que je découpe, assemble, colle, scie, ponce, je vois mon futur bateau à l'endroit, avec sa coque éclatante et ses belles proportions ! 

il y a une pensée d'admiration et de remerciement à François Vivier, pour avoir dessiné une aussi belle forme de carène.

Retournement !Retournement !
Retournement !
Retournement !Retournement !

 

Enfin, il ne reste "plus" qu'à évacuer l'ancien support, démonter les deux portiques, ranger tout le matériel, et... remettre le bateau dans le garage, alors que la nuit est tombée. 

Image de fin d'une journée mémorable, une étape marquante dans ce chantier de construction !

Retournement !

 

 

 

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