29 Juillet 2020
J'ai découvert la notion de "fausse étrave" en étudiant les plans du Stir Ven 19. C'est pourtant un concept assez classique semble-t-il, et qu'on doit retrouver sur la plupart des bateaux de François VIvier.
Le principe est simple :
- une étrave structurelle, en contreplaqué assemblé, qui ne sera pas visible
- une "fausse étrave" en bois massif, qui viendra habiller par l'avant les chants des bordés qui se rejoignent au niveau de l'étrave
Les pièces qui composent l'étrave font partie du Kit CP pré-découpé, et ça simplifie bien les choses.
J'ai commencé par un premier assemblage à blanc, sans colle, pour vérifier que tout était OK, et pour mettre en place les vis qui permettront de maintenir le collage dans la bonne position :
Ensuite, collage à l'époxy. Pas très difficile : tout étant pré-vissé, il y a juste à enduire, et resserrer les vis (pas trop non plus, pour ne pas chasser toute la colle !)
Le truc est qu'au niveau des jointures entre les pièces de CP, il reste une fente. Il est peut-être possible de la laisser comme ça : l'assemblage à l'époxy ne risque pas de se défaire ! Mais par principe, j'ai préféré la remplir aussi.
Alors un peu de scotch sur les côtés pour que ça ne coule pas, et remplissage, avec les trous de vis aussi :
Après polymérisation, on voit l'aspect différent de l'époxy durcie. Il reste du ponçage pour lisser tout ça !
L'étrave doit permettre aux clins (les faces latérales de la coque) de venir s'appuyer dessus pour bien les fixer au niveau de l'étrave. Pour cela, il faudra "équerrer" l'étrave.
Mais avant, on va utiliser la forme de l'étrave assemblée pour réaliser l'assemblage de la fausse étrave en lamellé-collé.
La fausse étrave est en bois massif, et pour permettre sa forme très arrondie, elle est constituée de 7 plis d'épaisseur 6mm :
Les lamelles de bois me paraissent assez rigides, et pour vérifier, avant de passer au collage, que le principe fonctionnera bien, je fais un essai de mise en forme à blanc :
Ca marche !
Je prépare le "moule" que va constituer l'étrave : pour éviter que des bavures de colle ne viennent la souiller, je l'enroule dans un film de polyéthylène, sur lequel l'époxy n'adhère pas.
On voit que les lamelles de bois massif ont conservé un peu de la forme arrondie suite à la mise en compression "à blanc"
Opération collage : là, interdit de se tromper en cours de route.
J'ai préparé une autre feuille de PE sous les lamelles, que je vais encoller une par une, recto-verso. Une fois toutes empilées ainsi, je replie le papier cadeau, et c'est parti pour la compression !
En plus des serre-joints qui vont plier les lamelles de bois massif sur le moule, j'ai réutilisé les serrages que j'avais confectionnés pour le mât. L'idée est d'éviter que pendant le serrage, les lamelles ne glissent latéralement et perdent leur alignement. Comme le tout sera emballé dans le film PE, je ne pourrais pas le voir, donc précaution !
Une fois tout assemblé et serré, je laisse reposer 48h car il y aura de fortes tensions dans le bois, et je préfère attendre que la polymérisation soit bien avancée. En espérant qu'avec l'effet "ressort", les lamelles collées garderont bien la forme du moule.
La fausse étrave doit venir s'ajuster parfaitement sur l'étrave structurelle, aussi bien en haut qu'en bas.
Pour cela, découpe et ponçage, en suivant le plan mais aussi au réel sur l'étrave, pour un ajustement aussi propre que possible :
Bon, la fausse étrave semble bien : on peut passer à l'équerrage de l'étrave.
Le terme est trompeur, car on associe l'équerre à un angle droit. En l'occurrence, cela désigne le fait d'usiner la pièce de bois selon un angle particulier. Ici l'angle est variable sur toute la hauteur, et il faut suivre avec autant de précision que possible les indications du plan :
La fausse étrave sera équerrée elle aussi, mais ça se fera au réel, après son assemblage sur le bateau.
Une fois les deux pièces terminées, je les remets en presse pour les stocker, afin que la forme de la fausse étrave ne se perde pas davantage.
C'est prêt à servir : rendez vous dans quelques épisodes !