21 Décembre 2019
Tout est prêt pour le collage.
Alors j'attends un week-end pour avoir le temps en cas de problème, et je mets en place :
Le film plastique pour protéger le sol, les 4 planches qu'il va falloir encoller à la suite, positionnées dans l'ordre, et les "serre-joints artisanaux" !
Gants nitriles, balance pour le dosage résine / durcisseur, gobelets et languettes pour le mélange, pinceau et palette pour l'application...
Je ne suis pas certain de la meilleure façon de faire, donc je me replie sur ce qui me semble logique : il faut que l'époxy pénètre bien dans les fibres du bois, et il faut par ailleurs de l'époxy chargée (en l'occurrence avec des fibres de cellulose) pour un bon collage structurel.
Alors c'est peut-être redondant, mais j'ai pris le parti de faire une double application : d'abord une couche rapide à l'époxy liquide, puis une couche de colle chargée.
C'est plus long, et ça met peut-être trop de colle. Mais j'espère qu'au moins ça sera solide !
Et c'est parti !
Pour gagner du temps, j'ai requis l'aide de ma fille, qui continue à badigeonner quand je dois refaire des mélanges d'époxy. Car ne sachant pas quelle quantité serait nécessaire au total, je prépare de nouveaux gobelets au fur et à mesure.
Aux extrémités de chaque planche, dans la partie qui sera coupée plus tard pour la mise à la longueur finale, des tourillons de centrage, pour faciliter la mise en place et le serrage
Peu de photo du collage lui-même : avec les gants et les traces d'époxy, pas simple ni prudent de manipuler le téléphone.
Mais au final tout s'est bien passé, même si il a fallu refaire plusieurs fois du mélange résine-durcisseur.
On sentait bien que la colle des premières planches commençait à figer lorsque nous faisions les dernières. Et je m'inquiétais un peu pour le serrage à venir. L'inquiétude était fondée, car malgré le serrage, à certains endroits, la couche de colle est restée plus importante que souhaitée.
Pour autant, avec le recul, je pense que ce durcissement de la colle était dû davantage au froid ambiant qu'à un début de polymérisation.
Il ne faisait pas chaud dans le garage, et j'avais prévu un dispositif de chauffage pour garantir une bonne polymérisation une fois les 5 planches assemblées. Mais je n'avais pas prévu cet autre effet : les bidons de résine avaient été mis dans une pièce chauffée pour que la résine soit bien liquide et se mélange correctement. Sauf qu'une fois les premiers encollages faits, le mélange a progressivement refroidi. Et au moment du serrage, cela n'avait plus la même fluidité qu'à l'encollage, ce qui a nuit à un bon ajustement des épaisseurs de colle par compression progressive, comme c'était prévu.
Petite leçon pour la prochaine fois !
Une fois toutes les planches encollées et en place, nous avons replié le film plastique (polyéthylène) autour de l'assemblage, et mis en place les serre-joints.
Les écrous-papillons, serrés à la main, ont permis une compression progressive, et le double serrage, horizontal et vertical, a permis à la fois l'alignement des 4 plis principaux, et la compression du 5ème pli.

Rappel de la disposition des 5 planches constituant le mât
Le 5ème pli a été collé par dessus, sur la tranche des 4 premiers (comme sur la photo). Et ensuite nous avons retourné le tout, pour qu'il soit en bas. De cette façon, les coulures de colle au serrage venaient mécaniquement remplir les éventuels interstices entre ce 5ème pli et les tranches des 4 autres.
Après cela, on place les deux établis pliants à 1/4 et 3/4 de la longueur, puis un autre film plastique par dessus pour former une sorte de tunnel, un chauffage soufflant pour alimenter le tout en air chaud, et on laisse prendre !
J'ai vérifié quelques heures plus tard que la polymérisation était bien partie, et ensuite j'ai laissé (sans chauffage...) pendant 48h, pour être sûr, avant de déballer.
Après avoir retiré tous les serre-joints et le film plastique, c'est assez spectaculaire : la colle a pris en épousant précisément la forme du film ! On a envie de tirer dessus pour déplier, mais c'est bien figé.
Maintenant il faut transformer tout ça en mât arrondi : place au rabot et à la ponceuse !