3 Novembre 2019
Le Stir Ven 19 n'est pas à proprement parler un "voile-aviron" : un peu trop lourd, trop gros pour correspondre à cette catégorie.
Pour autant, son gabarit permet largement de compenser un manque de vent ponctuel par la propulsion manuelle, aux avirons (de préférence à deux personnes compte tenu de la largeur du bateau), ou à la godille (en particulier au port).
Dans le kit, le bois fourni pour les avirons est du pin du nord, assez basique. Il serait possible de les faire en pin d'Oregon, plus joli. Ce sera le cas pour l'aviron de godille, c'est l'étape suivante !
Le processus est simple dans son principe :
- coller les joues pour les pelles d'aviron
- raboter l'épaisseur pour donner la forme générale
- découper l'arrondi des pelles
- finir la mise en forme précise des pelles et des fûts
- mettre en forme la poignée
- poncer le tout
- finir au vernis ou à huile
Alors allons-y !
Pour le collage, j'ai choisi d'insérer deux tourillons de centrage : un dans la partie épaisse à la jointure fût-pelle, et un à l'extrémité, dans la partie qui sera découpée par la suite (les tasseaux fournis sont volontairement plus grands que la taille finale).
De cette façon, le centrage des trois tasseaux est assuré, et on peut se concentrer sur le serrage lors du collage.
C'est la première fois que je pratiquais un collage structurel avec de l'époxy. J'ai essayé de respecter quelques règles vues ici ou là :
- bien imprégner le bois des deux côtés avec de l'epoxy non chargée, pour que de l'époxy liquide pénètre bien les fibres
- faire un mélange avec la charge (fibre de cellulose) pour obtenir une texture plus épaisse, mais qui reste assez fluide pour bien se répartir partout lors du serrage
- ne pas serrer trop fort pour qu'il reste de la colle !
A l'arrivée, je n'ai eu aucun problème lors du rabotage, j'en déduis que la tenue doit être bonne. On verra à l'usage sur l'eau !
Une fois la polymérisation assurée, c'est le rabotage en règle de chaque face.
J'ai tracé sur la tranche la forme de l'aviron, d'épaisseur décroissante, et le rabot électrique est d'une aide appréciable pour la suite !
Lors du traçage sur la tranche, j'en ai profité pour rectifier la forme du tasseau, un peu arrondi. Le trait central n'est donc plus centré en bout de pelle. Mais une fois le rabotage terminé, tout est bien droit.
Une fois le rabotage des deux faces dégrossi, on peut tracer et découper l'arrondi des pelles.
Cela me parait plus simple de mettre en forme les pelles une fois l'arrondi découpé.
Mise en forme de la face arrière de l'aviron, pour donner une forme en triangle progressif, qui se prolonge sur le manche, lui-même en en carré arrondi
Sensation mitigée sur ce premier aviron. C'est correct dans le résultat final, mais avec la conscience de toutes les petites choses pas très bien faites.
J'aborde le second avec plus de sérénité, ayant déjà un semblant d'expérience des choses à faire mieux, ou différemment, ou pas du tout !
A titre de comparaison, le premier aviron fini, et le second, au stade de la mise en forme de la pelle. On voit le tracé qui permet de raboter en "triangle progressif" du fût à l'extrémité de la pelle
La poignée doit aussi être mise en forme, ne serait-ce que pour tenir dans la main : le fût de l'aviron est un carré de 60x40 mm.
Le principe semble commun à la plupart des types d'aviron, mais la finition, en particulier pour le positionnement du pouce, semble être une source de personnalisations sans limite.
n'ayant pas d'expérience en la matière, j'ai opté pour une solution simple, pas trop marquée, et je reporte à plus tard, après essais, la possibilité d'affiner la sculpture de cette poignée.
On est dans du bois massif de 40 mm et 3,3 m de long. Donc pour faire la découpe avec l'angle en arrondi, j'ai d'abord percé avec un foret de 11 mm, puis deux traits de scie.
On voit sur la photo que ce n'est pas parfaitement rectiligne, ni parfaitement raccord avec le perçage. Tout ça se rattrape bien au ponçage, mais n'est pas très satisfaisant. Y a-t-il d'autres méthodes plus propres ?
Si oui je suis preneur !
Sinon, il faut davantage prendre son temps, et faire plus attention.
La différence s'appelle le "métier", et il faut qu'il rentre !
Comme le dit si bien le tatouage de Stanislas Wawrinka :
"Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better"

Une fois l'aviron fini dans sa forme, il faut encore y ajouter les pièces rapportées :
- le "massif" qui permettra de placer l'aviron sur le "tolet" (deux trous pour régler)
- la planche d'usure, à l'endroit qui frottera sur l'autre planche d'usure sur le bateau
Intéressant : le massif est fixé par une surliure. C'est très esthétique et amusant à faire.
J'ai utilisé du fil à surlier de 1mm blanc, acheté chez "A l'abordage".
J'ai choisi ce diamètre car je compte m'en servir aussi pour autre chose. Mais pour la fixation du massif d'aviron, si c'était à refaire, je prendrais du 2mm, comme indiqué sur le plan.
Chaque tour est bien serré et ajusté contre le précédent.
Avec le premier brin, on fait une large boucle qui passe en dessous, et qui servira à la fin : on repasse dans cette boucle le second brin, et on tire doucement sur le premier pour faire rentrer le deuxième courant sous la surliure. Si celle-ci est bien serrée, ça ne devrait plus bouger !
Et voilà avec les pièces rapportées :
Il reste à statuer définitivement sur la finition / protection de surface, et à mettre en place le petit renfort au bout de la pelle pour éviter que le bois ne se fende.
Sur le plan, l'architecte conseille une fine bande de fibre de verre. D'autres mettent un petit bout de bois à l'arrière.
Je me laisse le temps de la réflexion : il y a encore des choses à faire avant de pouvoir jouer avec !