3 Novembre 2019
La corne fait partie intégrante du gréement du Stir Ven 19, gréement appelé justement... "gréement à corne". Voilà, c'est dit.
En clair, il s'agit de la partie en bois qui tient le haut de la voile, le bas étant retenu par la bôme.
Si la corne est inclinée de 45° vers le haut ou moins (1), on pourra ajouter une voile supplémentaire au dessus, en forme de triangle inversé, qu'on appelle le flèche (4) :

Si l'angle est supérieur à 45°, comme c'est le cas du Stir Ven, il n'y a pas la place pour un flèche, et on parlera de gréement "Houari" :

NB : si on veut pinailler, ce n'est pas exactement un gréement Houari, mais de type Houari, car avec une corne très apiquée.
Pour plus de détails :
Tiens, une remarque en passant : sur ce bateau, il y a donc une corne, et il n'y en a qu'une.
Comme qui dirait, c'est un uni-corne.
Ca y est ? Vous l'avez ?...
![]()
Allez, c'est bien beau tout ça, mais elle ne va pas se faire toute seule cette corne. Alors trêve de théorie, et au boulot.
Bonne nouvelle, après les trois avirons, ça semble plus simple : forme arrondie simple, effilée aux deux extrémités.
Cela dit, pas si simple que ça, car il faut qu'une extrémité s'ajuste avec l'encornat, la pièce qui permettra à la corne de coulisser le long du mât :
Mais l’encornât n'est pas encore fait : le bois n'est pas livré.
Je ferai donc le gros oeuvre de la corne, et j'ajusterai l'extrémité côté mât plus tard.
Le processus commence à être rôdé :
- découpes pour affiner le tasseau aux extrémités
- tracé avec le trusquin
- rabotage en octogone
- puis en hexadécagone (ben oui, 16 faces quoi...)
- et arrondi par ponçage
Petite nuance : cette fois j'utilise un rabot à main pour passer de 8 à 16 faces.
J'ai été échaudé par quelques coups intempestifs de rabot électrique sur les précédentes réalisations, et puis ma culture bois s'enrichissant, j'ai enfin compris combien le rabot à main pouvait être puissant, fin, efficace.
Avant même de passer au ponçage, on a déjà une forme presque arrondie. Et je sens bien que ça s'améliorerait d'autant à chaque nouvel essai. Vive le rabot à main.
Autre avantage : ça fait des copeaux qui sont en eux-mêmes des oeuvres d'art... 😂
Après avoir approché autant que possible la forme arrondie avec le rabot, c'est le passage obligé par le ponçage manuel, avec une bande de papier de verre en va et viens, comme pour les avirons déjà réalisées et... le mât à venir.
L'expérience commence tout doucement à se faire sentir, et le résultat devient un peu plus satisfaisant !
Reste à appliquer la finition (huile + vernis) et à usiner, puis fixer les petits taquets de maintien de l'accroche de drisse de pic.