16 Novembre 2019
Heureusement, le mât du Stir Ven est un peu moins imposant que celui du trois-mâts brésilien "Cisne Branco".
Mais tout est relatif : 6,60m de long dans un garage, ça pose quelques questions d'organisation ! Surtout quand le garage fait 6,50m...
En raison de la longueur du mât, mais aussi de l'encombrement du bateau lui-même, qui tient tout juste dans le garage, j'ai longuement hésité à investir dans une tente, que j'aurais placée dans la cour devant la maison. Cela aurait permis un travail plus confortable : la découpe des pièces dans le garage, l'assemblage sous la tente.
C'était mieux dans l'absolu, mais le coût de la tente, l'encombrement dans la cour, la durée incertaine du projet... J'ai finalement fait le choix de rester dans le garage, en organisant bien tout ça. Et il sera toujours temps de revenir à la première option si besoin en cours de chantier.
On peut réaliser un mât en bois à partir d'un bloc de bois massif de la bonne dimension (celui du "Joshua" de Bernard Moitessier était constitué d'un poteau télégraphique à peine retravaillé !), mais il y a au moins deux raisons pour faire autrement :
- le poids final
- la plus grande facilité à trouver des planches plus fines, de cette longueur
L'idée est donc de laisser creuse une partie du mât, de préférence en partie haute, pour alléger le poids au dessus du bateau.
Pour cela, selon que le mât est constitué de 3 ou 4 planches collées, on peut évider la ou les planches du milieu :
Au plan de l'architecte, c'est la seconde option qui est prévue : 4 plis de pin d'Oregon, les deux du milieu étant partiellement évidés.
Mais le hasard des disponibilités a fait que le chantier Grand Largue n'a pas pu me fournir cette configuration.
J'ai donc reçu non pas 4 mais 5 plis, à agencer de cette façon :
Cette configuration me pose deux problèmes :
1. le collage devra être réalisé dans deux dimensions
2. la réalisation d'un évidement central symétrique s'annonce plus difficile, compte tenu de l'épaisseur inégale des 4 plis principaux
Pour la première question, deux solutions :
- coller d'abord les quatre plis principaux, puis le cinquième par dessus
- ou bien faire le collage des cinq planches d'un seul coup
Après échange avec Pierre-Yves de la Rivière, responsable du chantier Grand Largue, j'ai opté pour la seconde solution. Comme on le verra, cela aura des avantages et des inconvénients.
La seconde problématique se résume dans ce schéma :
Le décalage en hauteur (sur le plan) est facilement rattrapable, mais le décalage latéral nécessite une adaptation du perçage, en fonction des outils dont je dispose.
Ma scie sauteuse peut s'incliner à 15°, 30° ou 45°.
Tenant compte de cela pour les découpes principales, j'ai essayé d'ajuster au mieux pour préserver le centrage de la partie évidée :
Il faut bien reconnaître que tout ça est un peu symbolique : on parle d'une symétrie à quelques millimètres près. Je ne pense pas que cela puisse changer réellement l'équilibre du mât.
Mais c'est aussi pour le plaisir et la beauté du geste !
Et puis essayer d'ajuster au mieux le centrage de la partie évidée ma nécessiter des opérations que je n'ai pas encore réalisées, et ça me plait d'essayer, et d'apprendre !